vendredi 24 février 2017

Perturbateurs endocriniens..meme chez les mangeurs du Bio

PESTICIDES&PERTURBATEURS-CHIMIQUES
Perturbateurs endocriniens dans les cheveux de personnalités écologistes

Les écolos aussi ont des perturbateurs endocriniens dans leurs cheveux

Environnement: l'analyse de cheveux de personnalités écologistes par une ONG révèle la présence d'un cocktail de perturbateurs endocriniens

Ils sont blonds, bruns, gris ou blancs mais ont un point commun: les cheveux de sept personnalités écologistes, dont Nicolas Hulot et José Bové, sont contaminés par des perturbateurs endocriniens, selon une enquête de l'ONG Générations Futures.

Outre les chevelures de l'ex-candidat à l'investiture écologiste en 2011 et de l'eurodéputé, l'association a fait analyser celles du candidat EELV à la présidentielle Yannick Jadot, de la navigatrice Isabelle Autissier, du photographe Yann Arthus-Bertrand, de l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho et de la documentariste Marie-Monique Robin.

Partout, "un cocktail important de nombreux perturbateurs endocriniens" a été retrouvé, constate-t-elle dans son rapport.
Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances présentes dans de nombreux produits du quotidien (cosmétiques, jouets, peintures, contenants alimentaires...), qui perturbent le système hormonal. Ils peuvent générer des maladies et anomalies comme des cancers hormono-dépendants, du diabète, des troubles de la fertilité, des problèmes cardiovasculaires...

- 'Un peu un choc' -

Isabelle Autissier arrive nettement en tête du palmarès, avec 68 perturbateurs retrouvés, contre 36 pour la personnalité la moins contaminée, la députée Delphine Batho.

"Ca fait quand même un peu un choc", s'est exclamée la navigatrice et présidente du WWF, au cours d'une conférence de presse. "Parce que je fais tout bien: j'essaie de manger bio, je ne me mets pas de trucs affreux sur la peau, je fais mon ménage avec du vinaigre..."

Ce résultat souligne l'importance du "parcours de vie", a-t-elle relevé. "Pendant quinze ans, j'ai traîné dans des chantiers de construction de bateaux où on passe son temps à manipuler des saloperies avec de grosses têtes de mort dessus --des solvants, des résines, des plastifiants."

L'analyse réalisée pour Générations Futures a porté sur quatre familles de PE: bisphénols, phtalates, PCB (polychlorobiphényles) et pesticides. Deux cents molécules ont été recherchées.

48 à 51 PE ont été retrouvés chez José Bové, Yann Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot et Marie-Monique Robin. 19 seulement chez Yannick Jadot, mais aucune recherche sur les PCB n'a pu être effectuée, son échantillon de cheveux étant insuffisant.

Toutes les personnalités ont un ou deux bisphénols dans les cheveux, 8 à 11 phtalates, 9 à 25 pesticides. Entre 14 et 30 PCB ont été retrouvés dans les six échantillons qui ont pu être analysés pour cette substance.

- 'Scandale sanitaire' -

Ces résultats montrent que "même si on fait attention à ce qu'on mange, à l'environnement où on vit, on est quand même exposé à une série de polluants", souligne le directeur de Générations Futures, François Veillerette.
"Vous avez les polluants auxquels vous avez été exposés ces trois derniers mois, qui sont passés directement dans le sang, et des produits que vous avez hébergés dans votre corps il y a longtemps", explique-t-il, comme les PCB et le DDT, interdits depuis des décennies, ou le lindane, également très persistant.

Ces molécules "persistantes dans le corps, le sont aussi dans l'environnement", souligne-t-il.

"Ces résultats ne me surprennent pas", a déclaré pour sa part Delphine Batho, "il y a une contamination généralisée, quels que soient le degré d'exposition et le nombre de substances".

L'ancienne ministre de l'Ecologie a rappelé "l'effet cocktail" des perturbateurs endocriniens et "l'effet faible dose: une quantité moindre n'est pas un gage d'impact sanitaire moins important".

"Il ne faut pas continuer à être spectateur de l'inertie européenne", a-t-elle lancé.

L'Union européenne peine à se mettre d'accord sur une définition des PE qui permettrait de prendre des mesures réglementaires pour limiter leur impact sur la santé. Elle doit à nouveau tenter d'y parvenir le 28 février.

"Si ça ne bouge pas au niveau européen, il faut comme on l'avait fait avec le bisphénol dans les biberons (interdit, ndlr), prendre un certain nombre de décisions", a estimé Mme Batho, réclamant une grande campagne contre ce "scandale sanitaire", comme celles menées contre le tabac.

La publication de cette étude intervient deux jours après la parution d'une enquête de l'UFC-Que Choisir selon laquelle des centaines de produits d'hygiène et de beauté contiennent des substances "indésirables", dont des PE.
ref,actu-orange,24fe2017
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PESTICIDES,OGM&PERTURBATEURS-CHIMIQUES
CEE
Les OGM encore bien présents dans les mangeoires d'animaux d'élevage

Alimentation: la culture d'OGM a beau être interdite en France, des tonnes de soja génétiquement modifié sont importées chaque année pour l'élevage

La France a interdit la culture des OGM en 2008, pourtant elle continue à importer des montagnes de soja génétiquement modifié pour nourrir ses poules, ses vaches et ses cochons, des productions animales qui finissent dans l'assiette de consommateurs souvent mal informés.

Même si sa consommation diminue depuis dix ans, au profit du colza, du lin ou du lupin, le soja, ultra-riche en protéines, reste omniprésent. On évalue à environ 15% sa part dans la ration animale.

C'est au port de Montoir (Loire-Atlantique), situé à l'embouchure de la Loire, qu'accoste la moitié de ce soja, sous forme d'une poudre d'or: le tourteau, qui n'est autre que le résidu protéique de la graine de soja dont on a auparavant extrait l'huile. Sur les 3,5 millions de tonnes importées chaque année pour l'alimentation animale, seules 15% sont dépourvues d'OGM.

Si le lobby industriel entretient la controverse sur la dangerosité des OGM pour la santé humaine, d'autres menaces sont toutefois avérées comme leur impact négatif sur la biodiversité, et le taux plus massif de résidus d'herbicides dans les plantes génétiquement modifiées.

"Devant l'absence de consensus scientifique", le groupe Carrefour a été le premier distributeur français à monter une filière non-OGM, afin de proposer "une alternative" au consommateur, raconte Hervé Gomichon, directeur Qualité du groupe.

A la fin des années 1990, explique-t-il, des responsables se rendent au Brésil, y identifient des producteurs et mettent en place "des outils très fins pour contrôler la pureté du soja" importé. D'abord mise en place sur le porc, la filière est étendue à l'alimentation des poissons d'élevage - qui eux aussi consomment du soja - des volailles de chair, des poules pondeuses et enfin des veaux.

- Surcoût de 20% -

Mais en 2005, le Brésil autorise les OGM. Dix ans plus tard, ils ont envahi 90% du territoire et Brasilia est devenu le premier producteur mondial de soja.

"Se fournir en non-OGM est devenu plus compliqué et plus cher", explique Laurent Houis, le président de Solteam, une société nantaise qui importe 70% du soja non-OGM consommé en France.

"Il faut payer le producteur pour faire ce choix-là, mais surtout les coûts logistiques qui permettent de +ségréguer+ le produit non OGM par rapport au produit OGM, que ce soit dans les silos de collecte, les outils de transports, les ports, les bateaux, les outils de déchargement et les magasins de stockage".

A l'heure des crises du porc ou du lait, toutes les filières ne peuvent se permettre cette dépense supplémentaire. D'autant que, contrairement au principe du pollueur-payeur, c'est aux producteurs non-OGM de supporter ce surcoût de 20%.

"C'est un des grands paradoxes de ces filières", déplore le directeur des Fermiers de Loué, Yves de la Fouchardière: "les Français ne veulent pas d'OGM" - selon UFC Que Choisir, ils seraient plus de 75% à y être défavorables - "et pourtant c'est à nous, qui avons décidé de ne pas donner d'OGM à nos animaux, de payer."

Cette "grande injustice" n'a pourtant pas découragé les éleveurs sarthois. Eux qui depuis 1958 s'interdisaient déjà les antibiotiques, les farines animales et de poisson ont décrété il y a 20 ans que les OGM n'auraient pas droit de cité dans leurs poulaillers.

Le directeur de la coopérative se souvient de ce jour de 1996 où débarquèrent des Etats-Unis dans plusieurs ports bretons des cargaisons de "corn gluten feed", un dérivé du maïs susceptible de contenir des OGM.

"Ca a été la panique complète!" La panique car une partie de ce maïs était destinée à nourrir "ses" poulets ! Bloqué plusieurs semaines sur demande du gouvernement, le gluten est finalement autorisé. "Pour moi, ça a été un déclic énorme", raconte Yves de la Fouchardière: pour sécuriser la filière, la coopérative a créé à Loué sa propre usine d'aliments, "la seule en France à n'avoir jamais vu d'OGM!"

- 'Un marché de dupes' -

"Le drame de la filière sans OGM, c'est que longtemps, cette dépense - 7 centimes par volaille - n'a pu être valorisée. C'était un marché de dupes pour nous", dénonce-t-il.

Dès 1994, la Suisse a été le premier pays à élaborer une mention "sans OGM" pour les productions animales, mais c'est seulement en 2012 que la France a autorisé ses éleveurs à faire figurer cette information sur l'emballage: "issus d'animaux nourris sans OGM", avec un seuil de contamination accidentelle inférieur à 0,1% ou 0,9%.

Plus qu'il ne rassure, "ce seuil de tolérance un peu bêta" inquiète le consommateur qui imagine quelque chose de "presque suspicieux", regrette-t-on à Loué. "0,1% pour les consommateurs, ce n'est pas 0. Ils se disent: + Sur les autres emballages, il n'y a rien de marqué, c'est qu'il n'y a pas d'OGM+, alors que c'est tout l'inverse!"

Du côté des fabricants d'aliments pour animaux, on refuse de disserter sur les risques sanitaires ou environnementaux des OGM. On ne se veut ni pour ni contre. On se borne à rappeler que le non-OGM est un marché comme les autres et qu'il revient au consommateur de décider.

Difficile pourtant de choisir lorsqu'on ne sait pas véritablement ce qui est exposé dans les linéaires des supermarchés. Exception faite des produits bio - tous garantis sans OGM -, de quelques AOC comme le Comté, de certains labels ou marques de distributeurs, il est pour le moins hasardeux de deviner si tel lait, tel œuf ou tel jambon a été produit avec ou sans OGM.
CLIP-REGARDER:
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http://actu.orange.fr/societe/environnement/les-ogm-encore-bien-presents-dans-les-mangeoires-d-animaux-d-elevage-CNT000000DApjF/photos/des-echantillons-de-soja-sont-testes-au-laboratoire-de-l-usine-alifel-dans-la-sarthe-le-3-fevrier-2017-bf30874607f3267f088668770d3a551d.html